Comprendre la taxonomie verte de l’Union Européenne en 7 questions

Elisa Provenzale
Date12 novembre 2020

Le Conseil de l’Union Européenne travaille depuis plusieurs mois à l’élaboration de la taxonomie verte. Mais de quoi s’agit-il ? Le blog de Deepki décrypte le sujet pour vous !

Qu’est-ce que la taxonomie verte de l’Union Européenne ?

La taxonomie européenne est outil de classification visant à associer la continuité de l’économie à des principes d’écologie et de durabilité en proposant un référentiel d’activités durables à l’échelle européenne. Véritable plan d’action pour la finance durable, elle propose de nombreux outils aidant les investisseurs à évaluer les activités écologiquement durables des entreprises dans lesquelles ils ont investi, ou souhaitent investir. En proposant un référentiel commun à l’échelle européenne, la taxonomie verte compte également lutter contre le greenwashing.

Quel est son objectif ?

L’objectif de la taxonomie européenne est de réduire les émissions carbone de 50% d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Elle peut être envisagée comme un outil pour faire de l’Europe le leader en termes de lutte contre le changement climatique.
En France, le décret tertiaire doit par exemple permettre d’aider à atteindre ces objectifs en obligeant le parc tertiaire à réduire ses consommations énergétiques de -40% en 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050 par rapport à 2010.

À lire également : Quelle place pour l’immobilier dans un scénario zéro énergie fossile pour 2050 ?

Qui est concerné par la taxonomie verte européenne ?

Cette taxonomie concerne les secteurs suivants :

  • Les technologies utilisées pour la communication et l’information ;
  • L’eau, les déchets et les égouts ;
  • Le bâtiment ;
  • Les transports ;
  • La production industrielle ;
  • L’agriculture et l’entretien des forêts ;
  • L’approvisionnement en gaz, électricité, vapeur et air conditionné.

Comment sont caractérisées les activités vertes ?

Elles seront classées en trois catégories :
Les activités neutres ou à faible intensité en carbone ;
Les activités en transition, c’est-à-dire qui permettent un scénario zéro émission carbone d’ici 2050 ;
Les activités qui rendent possible la transition, c’est-à-dire qui aident d’autres entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

À lire également : Qu’est-ce que le bilan carbone

Selon quels critère une activité sera considérée comme durable ?

  • Pour être considérée durable, une activité devra contribuer à l’un des six objectifs définis par la taxonomie sans porter atteinte à aucun des cinq autres :
  • Atténuation du changement climatique ;
  • Adaptation au changement climatique ;
  • Protection de l’eau et des ressources marines ;
  • Economie circulaire et gestion des déchets ;
  • Prévention et contrôle de la pollution ;
  • Respect des écosystèmes.

Quand entrera-t-elle en vigueur ?

La taxonomie européenne entrera en vigueur entre 2021 et 2022. Certains points sont encore en cours de discussion, notamment l’énergie nucléaire et au gaz qui ont créé d’importants débats lors de la création de la taxonomie.

Comment la taxonomie évoluera-t-elle avec le temps ?

Elle sera revue tous les trois ans afin d’être le plus proche possible de la réalité de la lutte contre le changement climatique.

Quel impact aura la taxonomie sur le secteur immobilier ?

Étant responsable de 40% de la consommation énergétique et de 36% des émissions de CO2, l’immobilier se positionne comme le secteur d’activité le plus polluant en Europe. Le groupe d’experts européens chargé de constituer le rapport pour le Conseil de l’Union Européenne a opté pour une approche transitoire. Les nouveaux bâtiments devront donc être proches du zéro-carbone mais sans nécessairement l’atteindre. Ce critère sera ensuite revu à la baisse au fur et à mesure jusqu’à atteindre le zéro carbone. Les acteurs de l’immobilier auront ainsi le temps de se préparer à ce changement.

Grâce à la taxonomie européenne, l’Europe pourrait devenir le leader de la transition énergétique. Et pour que cela se fasse, chacun doit agir à son échelle. Dans le secteur de l’immobilier, de nombreuses actions sont déjà possibles afin de faire baisser son empreinte carbone et réduire son impact environnemental. Vous aussi, téléchargez notre minibook et découvrez comment réduire votre consommation énergétique en 4 étapes :

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