Le zéro carbone, un enjeu ESG majeur du secteur immobilier

Bastien Halary
Date21 octobre 2021

Face à la pollution et aux émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) toujours plus importantes, nous connaissons actuellement une période de réchauffement climatique. L’objectif aujourd’hui n’est plus de se demander comment l’éviter mais comment le limiter et s’adapter au mieux. Pour cela, de nombreuses réglementations voient le jour à l’échelle européenne – comme la Taxonomie Verte – ou bien encore à l’échelle nationale – comme le Décret Tertiaire en France, le Dutch Building Decree aux Pays-Bas ou encore la loi de démantèlement des chaudières en Allemagne -. En parallèle, nous assistons à une pression croissante du marché : les clients sont de plus en plus sensibilisés aux questions ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance) et les investisseurs prennent de plus en plus en considération la valeur extra-financière des actifs. Il devient donc indispensable de limiter les risques environnementaux – et les risques économiques et sanitaires qui en découlent – en intégrant les critères ESG à votre stratégie globale. Aujourd’hui, le blog de Deepki décrypte pour vous le sujet de la neutralité carbone et ses enjeux.

Une prise en compte grandissante du risque carbone

Pour être résilients, les acteurs économiques doivent prendre en compte la notion de risque carbone au sein de leur activité. Le risque carbone correspond au potentiel impact du réchauffement climatique sur une entité, en anticipant les futures émissions de CO2 et les risques réglementaires des politiques climatiques associées. Par conséquent, le changement climatique est perçu comme une externalité environnementale et fait courir différents risques à une entreprise.

Les risques de changement climatique associés

L’augmentation des émissions de GES engendrée par l’activité des entreprises est un facteur majeur du réchauffement climatique. Le rapport du GIEC (Groupe des Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) prévoit une augmentation de la température moyenne de 1.5 à 5.6°C à l’horizon de 2100, qui engendrait d’importants risques à anticiper :

  • Des risques environnementaux, avec le risque d’une hausse majeure des inondations ou bien encore une quasi-disparition de la biodiversité ;
  • Des risques sanitaires, avec le risque d’une augmentation en flèche des maladies infectieuses et des épidémies, affectant irrémédiablement l’offre et la demande.

Le risque réglementaire, un risque indirect à ne pas négliger
Les risques réglementaires sont provoqués indirectement par le changement climatique et les acteurs économiques doivent les anticiper. Selon les prévisions, de lourdes politiques environnementales devraient être instaurées dans les prochaines années.

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Les nouvelles réglementations internationales pour limiter le risque

Les politiques mises en place à l’échelle mondiale obligent les entreprises à réduire leurs externalités environnementales.

Parmi les réglementations internationales les plus impactantes, nous pouvons citer la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique), qui a fixé pour objectifs de :

  • Stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau et délai suffisant pour empêcher toute perturbation anthropique dangereuse sur le système climatique ;
  • Permettre aux écosystèmes de s’adapter naturellement au changement climatique ;
  • Garantir la durabilité du développement économique et de la production alimentaire.

Le saviez-vous ?
La CCNUCC est le premier traité international sur le changement climatique. Adopté durant le Sommet de la Terre à Rio en 1992, il est entré en vigueur en 1994 et a été signé par 197 parties au total.

Lors de la COP21 en 2015, la CCNUCC a signé l’Accord de Paris afin d’accélérer la lutte contre le changement climatique. Un des axes principaux de l’accord s’articule autour du plafonnement mondial des émissions et de la neutralité carbone.

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Un autre accord majeur ayant pour but de limiter le risque carbone est celui du protocole de Kyoto, signé en 1997 par une grande partie des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques). Son objectif était de réduire les émissions de GES de -5.2% par rapport à 1990 sur la période 2008-2012.

La responsabilité carbone des entreprises

Au cœur de ces enjeux, le concept de responsabilité carbone des entreprises prend tout son sens. Dans la lignée de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans les objectifs de neutralité carbone.

Dorénavant, chaque entreprise doit gérer le risque carbone de son activité, en anticipant également les futures politiques environnementales. Vous l’avez compris, il y a donc une nécessité d’intégrer les critères ESG à votre stratégie globale dès à présent, en visant une réduction de vos émissions de GES par le biais d’outils performants.

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Un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 en Europe

En 2018, la Commission européenne a émis le souhait d’atteindre la neutralité carbone en Europe d’ici à 2050. Comme le démontrent de nombreux scientifiques, fixer uniquement certains seuils à ne pas dépasser n’est pas suffisant. Il faut impérativement viser l’objectif “zéro carbone” pour ralentir efficacement les émissions de gaz à effet de serre et par conséquent garantir les 2°C d’augmentation maximale fixé par le GIEC.

Atteindre la neutralité carbone, c’est trouver l’équilibre entre les émissions de CO2 causées par l’homme et leur retrait de l’atmosphère provoqué également par l’homme. La différence des émissions étant nulle, on parle alors de “zéro émissions nettes”.

Le saviez-vous ?
Il est possible de retirer du CO2 dans l’atmosphère de plusieurs manières :

  • En restaurant ou renforçant la capacité d’absorption des puits de carbone naturels tels que les forêts, sols et océans
  • En faisant appel à des “technologies d’émissions négatives” (TEN)

Actuellement, les efforts fournis par les pays européens ne sont pas suffisants et doivent nécessairement s’intensifier. Récemment, l’Union européenne a initié un Plan de relance et un Pacte vert pour accélérer et synchroniser la transition vers la neutralité carbone.

À lire également : Les enjeux de la trajectoire carbone européenne et du CRREM

Des outils pour vous aider

De ce fait, les acteurs de l’immobilier doivent dès maintenant prendre en compte la gestion des risques climatiques en actionnant des leviers visant à réduire leurs émissions de carbone.
Il existe actuellement des outils performants pour vous aider dans la quête d’un immobilier responsable :

  • Pour faire le point sur la performance extra-financière de votre parc immobilier et vous comparer à vos pairs, répondez au GRESB (Global Real Estate Sustainability Benchmark) ;
  • Pour anticiper la valeur extra-financière de votre patrimoine et veiller au bon suivi des trajectoires carbone, répondez au CRREM (Carbon Risk Real Estate Monitor).

Que vous cherchiez à vous mettre en conformité réglementaire ou à répondre à des initiatives volontaires comme le GRESB ou le CRREM, vous devrez avant tout collecter et fiabiliser vos données afin d’être en mesure d’alimenter ces outils. Cette démarche étant souvent complexe et fastidieuse, il est recommandé de vous faire accompagner afin d’automatiser le processus, gagner du temps et éviter les erreurs.

À lire également : Facilitez le pilotage de votre stratégie RSE grâce à la collecte de vos données ESG

Pour viser la neutralité carbone et favoriser la résilience de votre parc immobilier face aux risques climatiques, vous n’avez plus d’autre choix que d’intégrer la dimension ESG à la stratégie de votre entreprise en mettant en place des actions concrètes.
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